Dans ce volume ont été réunis des articles, des messages, des lettres et des conversations de la Mère avec des étudiants et des professeurs de l’école de l’Ashram, et trois pièces de théâtre.
Dans ce volume ont été réunis des articles, des messages, des lettres et des conversations de la Mère avec des étudiants et des professeurs de l’école de l’Ashram, et trois pièces de théâtre : Vers l’Avenir, Le Grand Secret et L’Ascension vers la Vérité.
(La Mère donne à la classe le nom d’Arbre Ensoleillé, d’après les idées exprimées par les enfants eux-mêmes. Elle explique :)
L’arbre, c’est la vie qui aspire et qui croît. Le soleil, c’est la lumière de la Vérité.
Ce n’est pas la froide lumière de la raison qui aide la vie à croître et à s’épanouir; c’est la chaude et vivifiante lumière de la Vérité; c’est le soleil, quand il déverse ses rayons joyeux sur le monde.
(Le professeur introduit des activités telles que bricolage, jardinage, création d’un zoo en carton, observation d’une chrysalide, etc. Les enfants apprécient ces activités, mais acceptent difficilement de faire, à partir de là, un travail plus « scolaire ».)
Un bon commencement. Cela évoluera tout naturellement vers des activités plus intellectuelles et, en attendant, chaque travail fait avec soin est une occasion d’apprendre quelque chose.
(Réponse à des questions d’ordre pratique.)
Il est préférable de ne pas enfermer les enfants dans la classe, même pour jouer.
Un moment de silence et de concentration est toujours bon pour tous les enfants. Mais la prière ne doit pas être obligatoire. Ceux qui veulent la faire seront encouragés. Je propose que dans la classe on mette une pancarte sur laquelle seront écrits en grosses lettres ces mots :
« Mère est toujours ici, parmi nous, pour nous aider et nous guider. »
La plupart des enfants comprendront, et certains sont capables de sentir.
Décembre 1960
(Le professeur trouve les enfants turbulents, plutôt paresseux, et bavards comme des perroquets. Il demande :) S’il en est ainsi, est-ce parce que leur intérêt réel n’est pas tourné vers l’étude?
Oui.
Que faut-il faire pour avoir le calme et la tranquillité dans la classe et obtenir que les enfants travaillent?
La seule chose efficace est de créer ou d’éveiller en eux un intérêt réel pour l’étude, le besoin d’apprendre et de savoir, éveiller leur curiosité mentale.
(Le professeur se plaint du manque de résultats.)
Ce n’est qu’après des mois, et même des années, d’un effort assidu, régulier et obstiné qu’on peut dire à juste titre (et encore!) qu’il a été inutile et infructueux.
Comment faire?
Contraindre n’est pas le meilleur ni le plus efficace principe d’éducation.
La vraie éducation doit épanouir et révéler ce qui est déjà présent dans les êtres en formation. De même que les fleurs s’épanouissent au soleil, les enfants s’épanouissent dans la joie. Il va sans dire que joie ne signifie pas faiblesse, désordre et confusion. Mais une bienveillance lumineuse, qui encourage ce qui est bien et n’insiste pas sévèrement sur ce qui est mauvais.
La Grâce est toujours plus proche de la Vérité que la justice.
Comment faire pour que la Mère puisse agir dans la classe?
Il n’y a rien, aucune méthode, aucun procédé, qui soit mauvais en soi; tout dépend de l’esprit dans lequel c’est fait.
Si tu veux mon aide, ce n’est pas en acceptant ce principe d’action et en rejetant celui-là que tu peux l’avoir. C’est en te concentrant avant la classe, en faisant le silence et la paix dans ton cœur (et ta tête aussi, si possible), et en appelant ma présence avec une aspiration sincère que je sois derrière toutes tes actions, non pas à la manière dont tu penses que j’agirais (car cela ne peut être qu’une opinion arbitraire et nécessairement fausse), mais dans le silence et le calme et la spontanéité intérieure. Voilà la seule façon véritable de sortir de ta difficulté.
Et en attendant que tu puisses réaliser cela, fais de ton mieux avec calme et persévérance, selon tes capacités propres et les circonstances, avec simplicité et sans te tourmenter.
La Grâce est toujours présente avec celui qui veut bien faire.
Qu’est-ce que la Mère appelle « persévérer », en ce qui concerne le travail avec les enfants?
Ce que je voulais dire sur le cahier, c’est qu’il est toujours préférable de continuer tranquillement ce que l’on fait, jusqu’à ce qu’un changement psychologique intérieur amène sans heurt le changement extérieur. C’est cela que j’appelle persévérer.
Janvier 1961
Le travail et la discipline se relâchent. Est-ce à cause d’une « grève du vital » chez le professeur?
Certainement. C’est le fléchissement du pouvoir provenant de la non-collaboration du vital qui est la cause du relâchement. Les enfants ne vivent pas suffisamment dans le mental pour obéir spontanément à une volonté mentale qui n’est pas soutenue par un pouvoir vital, dont la présence seule les influence, sans qu’il soit nécessaire d’aucune manifestation extérieure. Quand le vital collabore, ma force agit à travers lui et maintient automatiquement l’ordre, par sa seule présence dans le vital.
Les jeunes enfants sont peu sensibles à une puissance mentale pas revêtue de puissance vitale. Et pour avoir une puissance vitale, il faut être toi-même parfaitement calme.
(Le professeur propose d’établir avec les enfants un projet d’études sur les sujets qui les intéressent.)
Oui, c’est une bonne idée. Une atmosphère de collaboration amicale est toujours la meilleure.
Février 1961
Une période difficile commence. Quelle serait la vraie attitude, pour le professeur?
Seule l’inspiration psychique est vraie. Tout ce qui vient du vital et du mental est nécessairement mélangé d’égoïsme, et arbitraire. Il ne faut pas agir par réaction aux contacts extérieurs, mais dans une vision d’amour et de bonne volonté immuable. Tout le reste est un mélange qui ne peut que donner des résultats confus et mélangés, et perpétuer le désordre.
(Extrait d’une lettre du professeur :) Il me semble que ce sont seulement des impulsions mentales qui me font agir, et qu’elles tombent à faux. C’est pourquoi, bien que j’intervienne peu, je sens que c’est encore trop, parce que ce n’est pas la vraie chose. Et je crois avoir compris de Toi que le vrai calme est beaucoup plus efficace que toute intervention extérieure.
Il me semble également que, si je fais là une expérience, il en est peut-être de même pour les enfants, et qu’en fait, cette expérience, nous la faisons ensemble, embarqués sur le même bateau; le Divin seul en connaît la signification et l’issue 23.
Le problème a plus de portée qu’il ne semble à première vue. C’est, en effet, une rébellion des forces vitales des enfants contre toute discipline et toute contrainte. La méthode normale ordinaire aurait été de renvoyer de l’école tous les indisciplinés, et de garder seulement ceux qui sont « sages ». Mais cela est une défaite et un appauvrissement.
Si par la transmission, dans le calme absolu, de la puissance intérieure, on peut finalement maîtriser cette rébellion, cela devient une conversion et un véritable enrichissement. C’est ce que je veux essayer, et j’espère qu’il te sera possible de continuer à collaborer à mon action. Et maintenant que tu as compris non seulement ce que je veux faire, mais aussi le mécanisme et le procédé de cette action, j’ai confiance que nous réussirons. Il faut s’attendre à des rechutes et ne pas en être découragée.
Les forces vitales, surtout chez les enfants dont la raison est peu développée, livrent des batailles désespérées avant d’accepter la lumière et de se laisser convertir par elle. Mais le succès final est certain, et il faut savoir durer et attendre.
(Le professeur prie pour avoir la lumière, l’amour, la souplesse, et tout ce qui est nécessaire pour collaborer au travail de la Mère dans la classe.)
Tout cela est constamment avec toi. Reste ouverte et laisse-le agir.
Mars 1961
(Le professeur envisage de faire travailler les enfants par groupes. Doit-il lui-même constituer les groupes selon les niveaux, ou laisser les enfants le faire selon leurs affinités?)
Laisse les enfants se grouper selon leurs sympathies spontanées.
Le calme, chez le professeur, entraînerait-il nécessairement le calme dans la classe, c’est-à-dire « une atmosphère tranquille, où chacun travaillerait selon son rythme et ses capacités, sans bruit ni agitation, sans impatience ni paresse... » ?
Si ton calme est intégral, c’est-à-dire à la fois intérieur et extérieur, basé sur la perception de la Présence divine, et immuable, c’est-à-dire constant et invariable en toute circonstance, il sera sans aucun doute tout-puissant, et les enfants en subiront nécessairement l’influence, et la classe serait certainement ce que tu la veux, spontanément et presque automatiquement 24.
Avril 1961
(Le professeur pense qu’il faut développer chez les enfants le goût du travail et la joie du travail. La Mère répond :)
Tu as tout à fait raison dans tout ce que tu dis à propos de l’école, de la classe et du travail, et j’approuve pleinement l’effort d’organisation que tu veux faire.
(La Mère adresse aussi ces deux messages aux enfants :)
Si l’on n’aime pas le travail on est toujours malheureux dans la vie. .
Pour être vraiment heureux dans la vie, il faut aimer le travail.
Juillet 1961
QUELQUES MESSAGES DE LA MÈRE AUX ENFANTS DE CETTE CLASSE
Mes chers enfants, aimez le travail et vous serez heureux. Aimez à apprendre et vous ferez des progrès.
(Les enfants ont établi avec leur professeur un programme pour l’année : parler en français, lire correctement, écrire le français sans faute, savoir bien compter, comprendre les problèmes, savoir faire les additions, les soustractions, les multiplications et les divisions. La Mère répond sur le cahier de la classe :)
Mes chers enfants, j’ai lu votre lettre et je suis d’accord qu’il serait fort bon qu’à la fin de l’année vous sachiez toutes les choses que vous énumérez ici.
Mais il y a un point sur lequel je veux attirer votre attention, car c’est le point central et le plus important, c’est votre attitude en classe et l’état d’esprit dans lequel vous allez à l’école.
Pour tirer profit de votre séjour quotidien en classe, il faut y aller avec une volonté sincère d’apprendre, d’être attentif et concentré, d’écouter ce que votre professeur vous dit, et de travailler tranquillement et sérieusement.
Si vous passez votre temps à crier, vous agiter et tout bousculer comme des enfants inconscients et mal élevés, vous perdez votre temps, vous gaspillez le temps du professeur, et vous n’apprendrez rien du tout. Et à la fin de l’année, je serai obligée de dire de vous que vous êtes de mauvais élèves et que vous ne méritez pas de passer à une classe supérieure.
Il faut venir en classe avec la volonté d’apprendre, autrement ce n’est pas la peine, car il suffit que l’un d’entre vous ne soit pas sage pour que tous les autres soient dérangés. Ainsi, c’est cette décision-là que je veux que vous preniez : celle d’être sages, tranquilles, attentifs, et de bien travailler; c’est cela qu’il faut que vous me promettiez de faire dans ce cahier.
Et quand vous aurez écrit chacun avec toute sa bonne volonté, alors renvoyez-moi le cahier pour que je vous donne mes bénédictions.
Début 1961
(Les enfants ne se tiennent pas droits, et ils écrivent mal. La Mère écrit :)
Il n’est pas plus fatigant de se tenir droit que de se tenir de travers. Quand on se tient droit, le corps grandit harmonieusement. Quand on se tient de travers, le corps se déforme et devient laid.
Il n’est pas plus fatigant d’écrire soigneusement que de griffonner. Quand le devoir est écrit soigneusement, il est lu avec plaisir. Quand il est trop mal écrit, il ne peut même pas être lu.
Faire avec soin tout ce que l’on fait est la base de tout progrès.
1961
Les jours passent, les semaines passent, les mois passent, les années passent, et le temps s’évanouit dans le passé. Et plus tard, quand ils sont devenus grands, ceux qui n’ont plus l’immense avantage d’être des enfants regrettent tout le temps qu’ils ont perdu, et qu’ils auraient pu utiliser à apprendre toutes les choses nécessaires pour savoir vivre.
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